Entrevue avec François Dumontier

 

 

   

François Dumontier
président du Grand Prix du Canada de Formule 1

Rédactrice en chef : Chantal Neveu, www.multidees.ca


Me voilà assise devant l’homme qui chausse les souliers de Normand Legault : François Dumontier, président du Grand Prix du Canada de Formule 1. Probablement l’homme le plus occupé de Montréal! Du moins, dans les prochaines semaines…


Monsieur Dumontier préside le Groupe de course Octane :

  • Promoteur exclusif du Grand Prix du Canada de Formule 1 depuis novembre 2009. Inscrit au calendrier du Championnat du monde de Formule 1 de la FIA (Fédération internationale de l’Automobile) les 10, 11 et 12 juin 2011.
  • Promoteur délégué, depuis l’automne 2008, du Napa Pièces d’auto 200, présenté par Dodge. Cette manche de la NASCAR Nationwide Series sera disputée au circuit Gilles-Villeneuve les 18, 19 et 20 août 2011.
  • Promoteur depuis janvier 2011 du Edmonton Indy, une manche de la IZOD IndyCar Series présentée les 22, 23 et 24 juillet sur le tracé du Edmonton City Center Airport.

On dit souvent que les gens les plus occupés sont aussi les plus accessibles. Et dans le cas de M. Dumontier, c’est absolument vrai! Malgré son agenda très chargé, cet entrepreneur passionné m’a reçue de façon détractée et conviviale.

M. Dumontier, vous me présentez le Groupe de course Octane?

Bien sûr! Octane est née en 2003. J’agissais alors en tant que consultant dans le domaine de la course automobile. Quand Montréal a perdu le Grand Prix, j’ai alors proposé à Normand Legault de reprendre ses activités et d’essayer de les relancer. C’est à partir de ce moment que le Groupe de course Octane a vraiment pris son envol. Nous avons redonné vie à une coquille qui sommeillait et sauvé de nombreux emplois qui sinon auraient été perdus.

Nous n’avions peut-être plus le Grand Prix, mais nous avions encore le NASCAR! On s’est donc remis au travail avec acharnement. Notre groupe a pris du tonus et de la confiance, ce qui nous a motivés à tout faire pour ramener la Formule 1 à Montréal. Et ça a fonctionné! Et voilà qu’aujourd’hui, nous sommes le seul groupe au monde gérant et produisant trois championnats aussi prestigieux!

Comment avez-vous réussi à convaincre Bernie Ecclestone?

On parle ici du Championnat du monde de Formule 1. Ce n’est pas rien! Mais l’Amérique était alors exclue du circuit, et on savait que Bernie Ecclestone voulait y remettre pied. Les différents paliers gouvernementaux, la Ville de Montréal, la Société du parc Jean-Drapeau et Tourisme Montréal ont tous travaillé très fort au projet, et nous avons réussi!

Il faut toutefois savoir que l’industrie de la Formule1 souhaitait fortement le retour du championnat à Montréal. Pourquoi? Pour beaucoup de raisons, mais surtout parce que les écuries adorent courser à Montréal. Et ce n’est pas un mythe! Montréal est très appréciée, et tenir une course à deux minutes du centre-ville est un concept qui a fait ses preuves. Au fil des ans, Montréal a réussi à tisser des liens très forts avec le milieu de la F1, et ça a grandement joué en notre faveur.

Le dossier a été très complexe, bien sûr, mais la réussite est là. Nous avons une entente jusqu’en 2014, et c’est ce qui compte!

On parle de retombées économiques énormes pour Montréal. Pouvez-vous nous en parler?

Le Grand Prix de Formule 1 de Montréal est l’événement qui génère le plus de retombées économiques au Canada. On parle de 85-90 millions $. C’est loin d’être rien! C’est la ville et ses commerces qui en bénéficient le plus. Plus de 300 000 visiteurs passent sur le site de la course.

Le Grand Prix, c’est plus de 4000 personnes qui travaillent intensivement pendant plusieurs jours. 300 représentants des médias nous arrivent de l’étranger, et nous accueillons 1200 employés et commanditaires d’écuries! Seulement que pour Ferrari, on compte plus de 100 personnes!

Et comment se fait le transport des voitures?

Les bolides de Formule 1 nous arrivent directement d’Europe. Ce sont neuf cargos 747 qui arrivent ici, chargés à bloc. Sept partent d’Angleterre, un d’Italie et un autre d’Allemagne. Le promoteur a la responsabilité du déchargement, et ce, de l’aéroport jusqu’au circuit. Et après la compétition, c’est encore une vraie course contre la montre. Tout ou presque doit repartir dès le dimanche pour l’aéroport!

Tout un défi logistique! Et dans l’organisation du Grand Prix, qu’est-ce qui est le plus difficile?

Nous devons construire des installations temporaires et tout faire dans des délais très serrés. Et n’oublions pas l’hiver! On doit commencer à travailler dès qu’il n’y a plus de neige. Les défis actuels sont énormes. S’occuper des tribunes, construire de nombreuses installations temporaires pour les équipes, pour les médias, pour notre propre équipe, etc.

Vous organisez deux championnats majeurs à Montréal avec seulement deux mois d’intervalle. Quelles sont les différences entre ces événements?

Premièrement, les visiteurs ne sont pas les mêmes. 40 % des touristes qu’attire le Grand Prix de Montréal proviennent de l’extérieur du Québec, alors qu’avec le NASCAR, ce n’est que 5 %.

En NASCAR, les équipes sont beaucoup plus nombreuses. 43 équipes sont présentes, et 2000 personnes gravitent autour d’elles. Toutefois, l’événement est de plus courte durée que le Grand Prix. Les gens ne viennent ici qu’en moyenne deux jours. Les compétitions sont plus nombreuses sur ce circuit, et beaucoup se déroulent dans le Nord-est américain. Alors forcément, on attire moins de touristes! Mais ça n’en reste pas moins un événement très populaire qui offre à notre ville beaucoup de retombées et de visibilité.

Et il ne faut pas oublier que nous sommes les seuls, en NASCAR, à offrir un tracé qui n’est pas un ovale. Le spectacle est donc complètement différent, et ça plait beaucoup aux amateurs.

Et pendant l’année, ça ressemble à quoi Octane?

Octane, c’est 22 employés à temps plein qui s’activent à organiser et planifier trois championnats. Vente de billets, de loges, sollicitation de commanditaires et de partenaires, on s’occupe de tout! De plus, on doit représenter Montréal dans la majorité des courses qui ont lieu à travers le monde. Et étant donné que nous représentons trois championnats différents, ce n’est pas une mince affaire! La saison de NASCAR a débuté le 19 février, tandis que la Formule 1 et l'IndyCar ont commencé le 27 mars. Tout se termine à la fin de l’automne.

J’aimerais que vous me parliez un peu de François Dumontier. Qui est-il exactement?

J’ai toujours œuvré dans le domaine des courses. Et qu’est-ce qui m’a amené là? Le hasard, tout simplement. J’avais 17 ans et j’étudiais au Cégep du Vieux-Montréal en technique de loisir et en gestion. Par un concours de circonstances, je me suis retrouvé à collaborer à une course de lits sur glace dans le bassin du Parc Jean-Drapeau. Je suis toujours sur la même île aujourd’hui!

J’avais alors rencontré Normand Legault, qui travaillait pour le Grand Prix. Il m’avait proposé un emploi. Et voilà! La course automobile a toujours fait partie de ma vie, et j’ai touché à toutes les sphères du domaine, côté organisation bien sûr. Mais je me suis aussi aventuré dans d’autres secteurs. J’ai par exemple, pendant quelques années, possédé un restaurant La Cage aux Sports, et je me suis amusé dans d’autres disciplines comme la natation. J’ai entre autres été vice-président aux opérations des Championnats du monde de la FINA (Fédération internationale de natation) en 2005.

Je pense être avant tout un passionné. J’aime les gens, et je suis un gars de gang! Nous sommes privilégiés de pouvoir travailler dans un domaine aussi palpitant, et personne n’est plus heureux que moi de rentrer au bureau!


---

L’entrevue se termine. M. Dumontier doit quitter, car un vol l’attend. Un de ses nombreux voyages à l’étranger! C’est un homme qui vit à toute vitesse, mais qui a les deux mains bien agrippées au volant!

Retour à la liste des nouvelles

Nos partenaires

  • Boris
  • Absolunet
  • Aeroplan
  • Grenier aux nouvelles
  • Torchia Communications
< >

Accès membre
  Envoyer

Restons en contact

Abonnez-vous
Envoyer
Facebook LinkedIn RSS
Publicités